Dans un monde axé sur la performance et les résultats, la plupart des individus qui entreprennent un processus de coaching portent en eux-mêmes une vision d’attentes précises. Or, le changement personnel n’a rien à voir avec la rénovation d’une maison. Alors que, dans ce dernier cas, on progresse au fur et à mesure que les travaux s’accomplissent, il n’en va pas nécessairement de la même manière avec la nature humaine.
En fait, nous préférons souvent le confort de nos vieilles habitudes à tout changement majeur exigeant un effort d’adaptation. Vous vous dites alors, sans doute inconsciemment : un malheur confortable ne vaudrait-il pas mieux qu’un bonheur inconnu ?
Illustrons ce propos par un exemple concret. Vous est-il déjà arrivé d’acheter une paire de souliers neufs et, aussitôt enfilés, de regretter vos anciennes chaussures ? La raideur du cuir neuf sur vos pieds vous a peut-être rendu nostalgique, du moins pendant un court instant.
Il en va de même pour le changement personnel. On sait très bien de quoi on veut se débarrasser, mais l’apprentissage de nouveaux comportements fait peur. Et personne ne veut se défaire de sa vieille voiture avant d’être sûr que la nouvelle auto, récemment acquise, ait fait son entrée dans le garage. Cette peur du vide, tout à fait normale, doit être apprivoisée. Cela exige que le coach fasse preuve de beaucoup de compréhension, de patience et d’encouragement. À vrai dire, la danse du changement n’est pas telle qu’on se l’imagine, soit : je fais un premier pas, puis un second, un troisième, je continue d’avancer, etc. Non, la chorégraphie du développement personnel s’apparente plutôt à la séquence suivante : je fais un pas, j’en fais un second et recule d’un demi-pas, je fais deux autres pas, je recule d’un pas, etc. C’est que nous ne voulons pas perdre de vue d’où nous venons. Ce besoin de continuité est fortement ancré en nous-mêmes.
Le jour où l’individu accepte enfin de confronter sa peur du changement et de la désamorcer, il n’y a alors plus de retour en arrière. Et les bénéfices obtenus sont alors trop précieux et satisfaisants pour souhaiter reprendre, ne fut-ce qu’un instant, ses vieilles chaussures désormais destinées à la poubelle. Alors, qu’attendez-vous pour entrer dans la danse ?